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Conférences du CNLJ - Bandes dessinées

Les racines et l'arbre : itinéraire dans la Culture manga

par Fabien Tillon, écrivain & journaliste.
(Conférence du 11 mars 2022)

Parcourir les fondements du manga dans l'histoire japonaise, sa naissance, ses racines et son développement, mais aussi décrire la conversation que cette forme d'art a nouée avec les autres civilisations (et singulièrement la France), ainsi qu'avec les autres arts. Tout en promenant en miroir la culture manga - et ses principales œuvres - sur le chemin de l'histoire du Japon moderne, depuis la toute fin du XIX ème siècle jusqu'à aujourd'hui.
Cette conférence propose un parcours dans le passé et le présent du manga. Celui-ci puise ses racines aussi bien dans la tradition graphique et narrative japonaise que dans les arts occidentaux, et notamment français. Voici une conversation entre les civilisations, mais aussi un dialogue entre les arts, les peuples, les mythologies, les réalités historiques.

Ecrivain, Fabien Tillon publie des essais sur les arts graphiques et la bande dessinée (Culture manga, Les mangas, René Goscinny..., chez Nouveau monde Graphic). Scénariste, il collabore avec plusieurs dessinateurs, dont Gael Remise, Lelio Bonnacorso et Paolo Cossi, pour des romans graphiques à contenu historique et/ou biographique (Un amour de Stradivarius, La route de l'acide, Les heures noires, Qui a cassé Enigma ?...). Petit-fils du résistant Charles Tillon, il a rappelé le parcours de con grand-père dans l'ouvrage Charles Tillon, le chef des FTP trahi par les siens (Seuil). Journaliste, il travaille pour els éditions Hachette Collections, dBD ou encore Beaux-arts... Roi du vent, son dernier album (La Boîte à bulles), a obtenu le prix Amerigo Vespucchi 2021. Culture manga : une introduction à la bande dessinée japonaise, est paru en 2020.

La bande dialoguée : une histoire des dialogues de bande dessinée, 1830-1960

Conférence en ligne de Benoît Glaude (FNRS, Université catholique de Louvain) - 25 septembre 2020

La bulle paraît emblématique de la bande dessinée. Pourtant, depuis près de deux siècles, ses auteurs expérimentent toutes sortes de procédés pour rapporter les répliques de leurs personnages. À quoi voit-on que Blake et Mortimer ou Spirou et Fantasio dialoguent ? La dimension visuelle du média suffit souvent à repérer une interaction verbale, et le dialogue caractérise aussi bien la bande dessinée muette que les histoires en images légendées. À travers l’analyse de la voix et des corps en interactions, Benoît Glaude propose une relecture de l’histoire de la bande dessinée.

"Futuropolis", 1971-1992 : une aventure éditoriale

(Conférence de Jean-Pierre Mercier et Catherine Ferreyrolle, Cité internationale de la bande dessinée et de l'image - 15 mars 2019)

Au début des années 1970, trois jeunes normands amoureux de culture populaire et de graphisme rachètent une des deux seules librairies parisiennes spécialisées en bande dessinée. Ils vont ouvrir leur boutique à la bande dessinée contemporaine du monde entier, avant de se lancer dans l’édition, devenant le premier label « alternatif » de la bande dessinée française. Innovant en permanence sur les formats, les présentations, privilégiant le noir et blanc et les maquettes rigoureuses et classieuses, ils sont également les premiers à pratiquer une « bande dessinée d’auteur », donnant à Tardi, Montellier, Juillard, Willem, Denis, Veyron… l’occasion de montrer des facettes méconnues de leur talent. Ils découvrent également Hyman, Chauzy, Puchol, Rabaté, Menu et tant d’autres.

En 22 ans d’une histoire riche en beaux livres, Futuropolis première époque a révolutionné la bande dessinée française !

Des années 30 à nos jours, une histoire du super-héros à vue d'enfant : la représentation de la jeunesse dans les comics

Camille Baurinpar Camille Baurin, Médiathèque Françoise Sagan, Ville de Paris
(conférence du 27 mai 2016)

Comment aborder l'histoire du genre super-héroïque à travers la représentation de la jeunesse dans les comics. De l'enfance à l'adolescence, cette dernière constitue en effet un angle de vue idéal pour cerner les différents visages qu'a pris le super-héros au fil des 20e et 21e siècles. Figure fraternelle, métaphore de la crise d'adolescence, symbole paternel, voire paternaliste, le super-héros a incarné pour la jeunesse une diversité de rôles qui, loin de le limiter à un seul carcan stéréotypé, tendraient plutôt à le détourner de l'imagerie consensuelle qu'on a tendance à lui prêter. Dans cette logique, on verra en quoi cette représentation de l'enfance et de l'adolescence a permis l'émergence dans les comics de discours subversifs et protestataires bien éloignés des idées reçues qu'on trouve plus volontiers au cinéma.

(1ère partie) 

(2è partie)  

(3è partie) 

Alain Saint-Ogan et la construction d'une culture enfantine

par Julien Baudry, conservateur des bibliothèques, doctorant à l'Université Paris-Diderot.

(conférence du 4 avril 2014)

Lorsqu'il commence à créer pour les enfants au milieu des années 1920, Alain Saint-Ogan, alors dessinateur de presse, s'engage dans une voie qui marquera sa carrière jusqu'à sa mort en 1974. Créateur de la série Zig et Puce et du pingouin Alfred, animateur des premières émissions radiophoniques pour la jeunesse, auteur de nombreuses bandes dessinées au succès plus ou moins oubliée de nos jours, Saint-Ogan, à travers la diversité de actions pour les enfants, nous rappelle que les échanges transmédiatiques au sein de la culture enfantine ne sont pas le privilège du XXIe siècle. Bien au-delà du dessinateur de bande dessinée, c'est un créateur polyvalent au service de l'enfance qui se dégage de cette conférence.

Première partie (90 min)

 Deuxième partie (90 min)

Obélix ou l'enfance de la raison : psychanalyse d'un personnage de bande dessinée

par Nicolas Rouvière, maître de conférences en Littérature à l'Université Joseph Fourier Grenoble 1
(conférence du 6 décembre 2013)

"Ils sont fous, ces humains", constate Obelix à la fin de l'album La Zizanie, où la calomnie, la médisance et la jalousie s'emparent des individus au point de dissoudre la vie communautaire du village. Et lui, le naïf, énorme enfant à la logique déconcertante, oscillant entre force physique et fragilité psychologique, pourrait bien être, à son insu et contre toute attente, le meilleur des guides pour explorer les logiques irréductibles qui hantent le développement de la personnalité. Pas si fou, Obélix ? Il semble en effet que les auteurs d'Astérix, à travers ce personnage, tracent les lignes directrices d'un véritable parcours de la raison…

Première partie (90 min) 

Deuxième partie (90 min)

Le missionnaire catholique, un héros pour la jeunesse ? BD belge des années 1930-1960 et "propagande missionnaire"

par Philippe Delisle, professeur d'Histoire contemporaine, Université de Lyon 3
(conférence du 15 mars 2013)

On sait que dans Tintin au Congo, Hergé a rendu hommage à l'œuvre d'évangélisation, Milou allant jusqu'à s'exclamer: "Quels as ces missionnaires !". Mais le père de Tintin est loin d'être le seul auteur belge de BD à être allé en ce sens. Au cours des années 1930-1960, Tif et Tondu, Blondin et Cirage, Marc Dacier et bien d'autres croisent eux aussi des missionnaires débonnaires et "civilisateurs". Et des récits "historiques" viennent mettre en scène, dans un journal comme Spirou, les grandes figures de l'évangélisation, tel Saint François-Xavier.
Cette présence récurrente renvoie aux structures mêmes du genre. La BD belge est portée par des milieux catholiques sensibles à la propagande en faveur des missions. Elle entend par ailleurs privilégier les aventures
lointaines et cultiver une vocation didactique. La figure du missionnaire, être moral par excellence, qui s'insère dans une longue histoire de l'expansion chrétienne, mais aussi personnage aventureux, parcourant sans relâche des espaces "exotiques", ne pouvait que s'imposer dans un tel cadre...

La bande dessinée en Afrique, plus de cent ans d'histoire

par Christophe Cassiau-Haurie, Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg.

(conférence du 19 novembre 2021)

Les années 2020 et 2021 décrétées « année de la bande dessinée » par le ministère de la culture ont également accueilli la saison Africa 2020, initiée par le Président de la République et pilotée par l’Institut Français. De ce fait, une série de manifestations tournant autour de l’Afrique s'est déroulée en France depuis juin de l'année dernière. A cette occasion, cette conférence se propose de faire un tour d’horizon de l'histoire du 9e art sur le continent ainsi que des albums de bandes dessinées d’auteurs africains aisément disponibles sur le marché français. Ce sera également l’occasion de découvrir les centres d’intérêt des auteurs, leur univers, leur culture et leur histoire mais aussi tout un courant graphique original, parfois très éloigné de l'univers franco-belge.

La bande dessinée en albums : quand le livre façonne le 9e art

(Conférence de Sylvain Lesage - 4 octobre 2019)

Notre compréhension des textes dépend étroitement des supports sur lesquels nous les lisons. Médium visuel et art de l'espace, la bande dessinée pousse très loin l'interaction entre formes de publication, construction des récits et réceptions singulières. L'album s'est aujourd'hui imposé en France et en Belgique comme la forme dominante de publication de la bande dessinée. Il s'impose à partir des années 1950-1960 comme un standard éditorial, autour duquel se réorganise le marché de la bande dessinée et les pratiques de création. En passant de l'illustré à l'album, la bande dessinée change de statut et arrache un peu de la dignité dévolue au livre. Mais au-delà de cette légitimation par le livre, le changement de support affecte en profondeur les manières de créer, de transmettre et de lire la bande dessinée. L’évolution des formes de publication suscite une transformation des manières de raconter en images, une diversification des métiers, une affirmation professionnelle des travailleurs de l’encre, et un changement des regards portés sur les « petits miquets », qui font de ce basculement de l’illustré à l’album l’un des ingrédients majeurs de la révolution graphique franco-belge.

Sylvain Lesage est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Lille. Il a soutenu en 2014 une thèse  intitulée "L’Effet codex : quand la bande dessinée gagne le livre. L’album de bande dessinée en France de 1950 à 1990". Sathèse est en cours de publication, en deux volumes distincts. Le premier, consacré à la structuration du marché de l'édition de la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse à la fin du "printemps des éditeurs" à la fin des années 1980, est paru aux Presses de l'ENSSIB en 2018. Le deuxième, centré sur les formes que prend le livre de bande dessinée et la poétique historique du support, paraîtra aux Presses universitaires François-Rabelais (PUFR) dans la collection "Iconotextes" en septembre 2019.

Le travail des scénaristes de bande dessinée francophone pour la jeunesse au XXe siècle : l’exemple de la carrière de Jean-Michel Charlier

Jean-Michel CharlierPar Gilles Ratier, écrivain et journaliste français spécialisé sur le 9e art, actuellement chroniqueur sur le site BDzoom.com et dans le quotidien régional L’Écho du Centre.

Suivant le conseil de son ami Jijé, Charlier se tourne vers l’écriture et va devenir l’un des plus grands scénaristes de la bande dessinée francophone du XXe siècle. Travailleur prolifique, il sera le créateur de nombreuses séries mythiques comme « Buck Danny », « Blueberry », « Barbe-Rouge », « Tanguy et Laverdure », « La Patrouille des Castors »..., se définissant, lui-même, comme un conteur, dans la continuité des grands feuilletonistes du temps passé : Eugène Sue, Paul Féval, Ponson du Terrail, Alexandre Dumas, Michel Zévaco, etc. Jean-Michel Charlier a aussi été, avec René Goscinny et Albert Uderzo, le créateur du journal Pilote. Pendant sa longue carrière, il a été le témoin de l’évolution du travail et des conditions des scénaristes de bande dessinée francophone pour la jeunesse, du début à la fin du XXe siècle, ayant assumé des postes clés comme rédacteur en chef, directeur de collection ou défenseur du droit des auteurs.

(rencontre du 7 décembre 2018)

Hergé, la construction d'une oeuvre : 1929-1959

Hergé Benoit Peeterspar Benoît Peeters, écrivain, scénariste et théoricien de la bande dessinée
(conférence du 11 décembre 2015)

Bien qu'issu d'un milieu aux convictions étroites, Georges Remi dit Hergé (1907-1983) est peu à peu parvenu à construire une œuvre ouverte et universelle. Des albums comme Le Lotus bleu, Le Sceptre d'Ottokar ou L'Affaire Tournesol demeurent aussi lisibles que s'ils avaient été dessinés hier, alors qu'ils s'appuient sur des événements historiques précis. Comme tous les vrais classiques, Les Aventures de Tintin entretiennent un rapport magique avec le temps. C'est sans doute le vrai secret de la « ligne claire », cette forme d'épure graphique et narrative par laquelle on définit souvent l'œuvre d'Hergé.

(1ère partie)

(2è partie)

Quand la bande dessinée raconte l'immigration

par Vincent Marie, chercheur associé au Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHSC) de l'Université Versailles Saint-Quentin et au Centre d'étude et de recherche en information et communication du Laboratoire d'Études et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales (LERASS-CERIC) à Montpellier. Co-commissaire de l'exposition « Albums, Des histoires dessinées entre ici et ailleurs - Bande dessinée et immigration 1913-2013 » qui se tient au Musée de l'histoire de l'immigration jusqu'au 27 avril 2014.
(conférence du 7 février 2014)

L'étude des migrations dans la bande dessinée sur un temps long et à travers un large corpus permet de mettre en évidence la question de la représentation et de la transmission mémorielle d'un sujet sensible en bande dessinée, de ses invariances et de ses stéréotypes, mais aussi de ses évolutions voire ruptures. En effet, entre lieux communs et originalités, le neuvième art a construit depuis près d'un siècle une « mythologie iconographique » des migrations, autrement dit un imaginaire de l'immigration qui s'appuie à la fois sur une Histoire à dimension universelle et sur des récits singuliers (de fiction, de reportage, de science-fiction). Cependant, faire l'Histoire des représentations artistiques et culturelles des migrations dans la BD ne doit pas seulement se borner à recenser les projections médiatiques d'une société à la vision européano-centrée (c'est-à-dire voir le sujet exclusivement à travers la nature économique des migrations ou du seul prisme franco-maghrébin…), mais s'appliquer à faire émerger des itinéraires d'artistes en croisant les regards d'auteurs de différentes origines, des pays de départ comme des pays d'arrivée, pour faire dialoguer les expériences graphiques et les témoignages humains.

(1ère partie) 

(2è partie) 

Traduire, éditer et lire "Mafalda" en français : succès et malentendus

par Claire Latxague, agrégée d'espagnol, docteure en Études hispaniques et hispano-américaines, ATER à l'Université de Bourgogne
(conférence du 24 mai 2013)

Connaît-on vraiment Mafalda ? L'histoire éditoriale de cette bande dessinée est paradoxale. Destinée à l'origine à un public adulte, elle est devenue, en passant de la langue espagnole au français et de l'Argentine à la France, un incontournable du livre de jeunesse.
Claire Latxague, spécialiste de la bande dessinée et du dessin d'humour propose une réflexion sur les différentes réceptions possibles de la série et sur l'écart entre le public adulte des années 1960-1970 et celui des décennies suivantes, notamment les jeunes lecteurs.

Première partie (90 min)  

Deuxième partie (90 min)