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Conférences - Panoramas historiques

Le Magasin des petits explorateurs : la fabrique d'une exposition

(Conférence donnée par 14 septembre 2018, par Roger Boulay, ethnologue, commissaire de l'exposition et Pierre-Yves Belfis, Musée du Quai Branly-Jacques Chirac)

Cette conférence revient sur les coulisses de l'exposition "Le Magasin des petits explorateurs" au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac (23 mai au 7 octobre 2018).

Paradis terrestre, terre d’aventures et d’exploration, monde hostile et sauvage… Face à l’inconnu et à l’étranger, les écrivains, savants et artistes européens ont très tôt façonné un imaginaire empreint d’ambivalences : les stéréotypes y croisent les désirs d’exotisme et d’aventure, le romantisme se mêle aux lieux communs. L’exposition interroge l’évolution de ce regard, depuis les récits de voyages de Cook et Bougainville jusqu’à nos jours, en prenant la littérature jeunesse et la production culturelle destinée aux enfants – jouets, films, expositions universelles et musées ou dessins animés – comme terrains d’exploration.

Les albums adressés aux plus jeunes, de Pierre l'ébouriffé à Lou et Mouf

Par Evelyne Resmond-Wenz, coordinatrice de l'association ACCES (Actions Culturelles Contre les Exclusions et les Ségrégations) Armor, formatrice et lectrice auprès d'enfants et de leurs parents
(conférence du 17 mars 2017)

Au début des années 1980, le slogan d'ACCES, « Les livres, c'est bon pour les bébés », imaginé par Marie Bonnafé, confortait celui de Dorothy Buttler « Babies need books » mais dérangeait encore de nombreux adultes. Depuis, les représentations ont rapidement évolué et l'offre de livres pour les jeunes enfants s'est considérablement développée. Pourtant, des livres à partager avec les tout petits existaient depuis longtemps. Du Struwwelpeter, imaginé en 1844 par le docteur Hoffman, pour les trois ans de son fils, aux livres de Jeanne Ashbé, basés sur l'observation des tout-petits, quelles ont été et quelles sont aujourd'hui les évolutions des albums « premier âge »? Quelle a été l'influence des précurseurs sur les créations d'aujourd'hui ?

(1ère partie) 

(2è partie)  

 

Des années 30 à nos jours, une histoire du super-héros à vue d'enfant : la représentation de la jeunesse dans les comics

Camille Baurinpar Camille Baurin, Médiathèque Françoise Sagan, Ville de Paris
(conférence du 27 mai 2016)

Comment aborder l'histoire du genre super-héroïque à travers la représentation de la jeunesse dans les comics. De l'enfance à l'adolescence, cette dernière constitue en effet un angle de vue idéal pour cerner les différents visages qu'a pris le super-héros au fil des 20e et 21e siècles. Figure fraternelle, métaphore de la crise d'adolescence, symbole paternel, voire paternaliste, le super-héros a incarné pour la jeunesse une diversité de rôles qui, loin de le limiter à un seul carcan stéréotypé, tendraient plutôt à le détourner de l'imagerie consensuelle qu'on a tendance à lui prêter. Dans cette logique, on verra en quoi cette représentation de l'enfance et de l'adolescence a permis l'émergence dans les comics de discours subversifs et protestataires bien éloignés des idées reçues qu'on trouve plus volontiers au cinéma.

(1ère partie) 

(2è partie)  

(3è partie) 

 

Panorama historique de la littérature d'enfance et de jeunesse italienne, des origines à la chute du fascisme

Pinocchiopar Mariella Colin, Professeure émérite de Littérature et civilisation italiennes de l'Université de Caen
(conférence du 11 mars 2016)

La littérature d'enfance et de jeunesse italienne naît, comme les autres productions européennes, à la fin du XVIIIe siècle, mais c'est dans les dernières décennies du XIXe siècle qu'aura lieu sa première grande saison, lorsqu'apparaîtront les ouvrages qui étaient appelés à devenir, avec Pinocchio de Collodi, les grands classiques de la production nationale, comme Cuore (Grands Coeurs) de De Amicis, les romans d'aventures exotiques de Salgari, Il giornalino di Gian Burrasca (Le journal de Jean Bourrascot) de Vamba. Dans les premières décennies du XXe siècle apparaissent de nouvelles créations littéraires, tandis que se répandent les inventions burlesques des écrivains-dessinateurs des journaux illustrés et bandes dessinées. Mais après cet « âge d'or », la littérature enfantine italienne de l'entre-deux-guerres vit son « âge noir », lorsque le fascisme s'en empare et qu'il la place successivement sous son emprise, afin de modeler l'esprit de l'« Italien nouveau » et de diffuser son idéologie.

(1ère partie) 

(2è partie) 

 

Histoire de la littérature pour la jeunesse en Allemagne

par Mathilde Lévêque, Maître de conférences - Littératures comparées, Littérature pour la jeunesse, Directrice du département de Littérature, UFR LSHS, Université Paris Nord 13
(conférence du 5 décembre 2014)

Malgré de nombreuses initiatives de part et d'autre du Rhin pour œuvrer à une meilleure connaissance réciproque, la littérature allemande pour la jeunesse reste un domaine relativement étranger en France. Si Wolf Erlbruch a su se faire un nom grâce à sa petite taupe, Janosch est loin d'être un classique pour le public français. Max et Moritz n'ont jamais acquis en France le statut d'icône qu'ils gardent encore aujourd'hui en Allemagne, tandis qu'on a oublié les romans d'aventures de Karl May ou qu'une petite abeille nommée Maïa avait un créateur allemand. Il ne semble donc pas inutile de présenter ce patrimoine littéraire pour la jeunesse, qui a longtemps été perçu comme un modèle en France, notamment au XIXe siècle, afin de tenter de dissiper la paradoxale étrangeté d'une littérature si proche et si lointaine à la fois.

(1ère partie) 

(2è partie)  

 

Quand la bande dessinée raconte l'immigration

par Vincent Marie, chercheur associé au Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHSC) de l'Université Versailles Saint-Quentin et au Centre d'étude et de recherche en information et communication du Laboratoire d'Études et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales (LERASS-CERIC) à Montpellier. Co-commissaire de l'exposition « Albums, Des histoires dessinées entre ici et ailleurs - Bande dessinée et immigration 1913-2013 » qui se tient au Musée de l'histoire de l'immigration jusqu'au 27 avril 2014.
(conférence du 7 février 2014)

L'étude des migrations dans la bande dessinée sur un temps long et à travers un large corpus permet de mettre en évidence la question de la représentation et de la transmission mémorielle d'un sujet sensible en bande dessinée, de ses invariances et de ses stéréotypes, mais aussi de ses évolutions voire ruptures. En effet, entre lieux communs et originalités, le neuvième art a construit depuis près d'un siècle une « mythologie iconographique » des migrations, autrement dit un imaginaire de l'immigration qui s'appuie à la fois sur une Histoire à dimension universelle et sur des récits singuliers (de fiction, de reportage, de science-fiction). Cependant, faire l'Histoire des représentations artistiques et culturelles des migrations dans la BD ne doit pas seulement se borner à recenser les projections médiatiques d'une société à la vision européano-centrée (c'est-à-dire voir le sujet exclusivement à travers la nature économique des migrations ou du seul prisme franco-maghrébin…), mais s'appliquer à faire émerger des itinéraires d'artistes en croisant les regards d'auteurs de différentes origines, des pays de départ comme des pays d'arrivée, pour faire dialoguer les expériences graphiques et les témoignages humains.

(1ère partie) 

(2è partie) 

 

La fillette ou la jeune fille : naissance d'un personnage féminin dans la littérature d'éducation au XVIIe siècle

par Christine Mongenot, maître de conférences à l'Université de Cergy-Pontoise
(conférence du 21 juin 2013)

Au XVIIe siècle, à l'heure où la christianisation des mœurs devient une question centrale dans la société française de l'Ancien Régime, la femme et son éducation constituent l'un des pivots d'un tel projet. Le souci de former les futures épouses et les futures mères, qui transmettront et revivifieront le message chrétien dans le royaume, confronte les éducateurs, et plus particulièrement les éducatrices, à de nouvelles questions pédagogiques : il s'agit en effet d'élaborer des formes et des modèles efficaces pour instruire celles qui apparaissent comme le meilleur vecteur de la contre-réforme. Quelles figures exemplaires utiliser pour dessiner les contours des comportements attendus chez les femmes à venir ?
Au terme d'un long cheminement, émerge ainsi une première littérature d'éducation qui s'éloigne des modèles héroïques transmis par les textes de l'antiquité païenne ou chrétienne et dessine les premiers contours modernes de personnages féminins sécularisés.

(1ère partie) 

(2è partie) 

 

Le missionnaire catholique, un héros pour la jeunesse ? BD belge des années 1930-1960 et "propagande missionnaire"

par Philippe Delisle, professeur d'Histoire contemporaine, Université de Lyon 3
(conférence du 15 mars 2013)

On sait que dans Tintin au Congo, Hergé a rendu hommage à l'œuvre d'évangélisation, Milou allant jusqu'à s'exclamer: "Quels as ces missionnaires !". Mais le père de Tintin est loin d'être le seul auteur belge de BD à être allé en ce sens. Au cours des années 1930-1960, Tif et Tondu, Blondin et Cirage, Marc Dacier et bien d'autres croisent eux aussi des missionnaires débonnaires et "civilisateurs". Et des récits "historiques" viennent mettre en scène, dans un journal comme Spirou, les grandes figures de l'évangélisation, tel Saint François-Xavier.
Cette présence récurrente renvoie aux structures mêmes du genre. La BD belge est portée par des milieux catholiques sensibles à la propagande en faveur des missions. Elle entend par ailleurs privilégier les aventures
lointaines et cultiver une vocation didactique. La figure du missionnaire, être moral par excellence, qui s'insère dans une longue histoire de l'expansion chrétienne, mais aussi personnage aventureux, parcourant sans relâche des espaces "exotiques", ne pouvait que s'imposer dans un tel cadre...

"Le 68 des enfants : livres pour enfants et contre-culture"

Conférence donnée par Sophie Heywood, maitre de conférences à l’Université de Reading. (conférence du 4 mai 2018, à la BnF)

L’effervescence mondiale créée par les mouvements de protestation de 1968 a bouleversé les structures sociales, renversé les hiérarchies culturelles, défié les idéologies politiques, et stimulé l’activisme en faveur des droits des femmes, des homosexuels et des minorités ethniques. Ces « années ‘68 » marquèrent aussi un moment charnière pour la culture à destination des enfants, qui devint un lieu d’expérimentation artistique, intellectuelle, et politique. Cette conférence explorera ce moment à travers un panorama d’ouvrages emblématiques, pour faire revivre l’imaginaire étonnant, psychédélique et parfois dérangeant de cette époque en ébullition, lorsque les livres pour enfants eurent pour un temps un statut de « contre-culture ».

(1ère partie) 

(2è partie) 

 

Être un auteur de littérature pour la jeunesse au XXe siècle

Cécile Boulairepar Cécile Boulaire, maître de conférences en littérature pour la jeunesse à l'Université François-Rabelais de Tours
(conférence du 14 octobre 2016)

Le livre pour enfants reste longtemps un « livre sans auteur », où le jeu des emprunts et des traductions libres profite du relatif anonymat des producteurs. La Comtesse de Ségur sera l'une des premières à revendiquer une identité et un statut d'auteur, à une époque où beaucoup de fictions sont encore signées « Mme de T*** ». Les choses se compliquent encore avec l'album : qui en est l'auteur ? Un « simple » illustrateur peut-il revendiquer un statut d'auteur ? Cette rencontre s'interrogera donc sur ce que peut être un auteur de littérature pour la jeunesse au XXe siècle.

(1ère partie)

(2è partie)

(3è partie)

 

Figures de la fiction : texte, image, illustration dans le roman au XVIIIe siècle

par Benoît Tane, Université de Toulouse 2 – Jean Jaurès
(conférence du 22 avril 2016)

Celui qui ouvre un livre « avec figures » est prévenu. Ce lecteur est aussi spectateur. Il l'est parfois avant tout et s'attardera sur un frontispice, au seuil d'un volume. Il l'est peut-être surtout et cherchera des images dispersées. Qui sait même s'il lira le livre, fût-ce un roman ? Et qui dit que ces images seront contemplées durablement ? On voudrait rendre compte ici de cette précarité et de cette intimité : le plaisir du lecteur-spectateur des romans illustrés du XVIIIe siècle n'est pas un simple « plaisir du texte » : c'est un plaisir du livre, comme dispositif qui fait travailler l'imaginaire.

(1ère partie) 

(2è partie) 

 

La fantasy pour la jeunesse : une histoire sans fin ?

Dulac Ice maidenLa fantasy pour la jeunesse : une histoire sans fin ?
par Anne Besson, maître de conférences en Littérature générale et comparée, Université d'Artois (Arras)
(conférence du 2 octobre 2015)

La vogue actuelle de la fantasy pour la jeunesse, qui investit, voire envahit, les différents supports médiatiques destinés aux enfants et adolescents, a pris l'ampleur d'un phénomène qui, plus de quinze ans après les premiers succès de Philip Pullman et J.K. Rowling, semble susciter toujours autant de passion chez les jeunes lecteurs, et de propositions en réponse à ces attentes de la part des créateurs.
Un tel retour contemporain à l'imaginaire merveilleux et aux prestiges magiques de l'enfance mérite que la réflexion s'y arrête : présente dès les origines de la fantasy comme genre littéraire dans l'Angleterre victorienne, la production spécifiquement destinée aux plus jeunes possède en effet son histoire, ses spécificités, son évolution qui mène jusqu'à sa florissante situation d'aujourd'hui. C'est le rapport d'une époque, et de son genre fictionnel privilégié, avec l'image mythifiée qu'ils se font de l'enfance qui doit dès lors se voir questionné.

(1ère partie) 

(2è partie)  

 

Tout-Carton, tissu, l'édition d'albums pour les tout-petits et ses enjeux en France à partir des années 1950

par Cécile Vergez-Sans, Université d'Aix-Marseille
(conférence du 16 mai 2014)

Si l'on sait bien, depuis les années 1980, que « les livres, c'est bon pour les bébés », si de nombreux travaux ont réfléchi, à commencer par ceux de l'association A.C.C.E.S, autour de Marie Bonnafé, René Diatkine, Tony Lainé, aux enjeux de la lecture pour le tout-petit, l'histoire de la production des livres pour ces lecteurs les plus jeunes a été très peu interrogée.
Ouvrages à la matérialité souvent particulière, tissu, carton, papier. Ouvrages souvent peu présents dans les fonds des bibliothèques pour les périodes les plus anciennes ou difficiles à repérer dans les catalogues. Ouvrages à la légitimité problématique…
A l'heure où Gallica propose quelques ouvrages en tissu dans ses collections numérisées, nous avons souhaité questionner les livres pour les tout-petits, non plus sous l'angle de la lecture des plus jeunes, mais du point de vue de l'édition et de la création de ces livres et interroger le développement de ces collections en France depuis les années 1950, période de changements techniques importants pour ce type d'ouvrages. Plusieurs questionnements guideront notre réflexion.

(1ère partie) 

(2è partie) 

 

"Gloria Viktoria !" La mobilisation des petits Allemands en 1914-1918 à travers les livres d'images de guerre

par Bérénice Zunino, doctorante contractuelle en Études germaniques à l'Université Paris-Sorbonne
(conférence du 27 septembre 2013)

Durant la Premiière Guerre mondiale, la littérature pour l'enfance et la jeunesse des principaux pays belligérants ne fut pas épargnée par les tendances patriotiques. Ce phénomène survient notamment dans les productions allemandes. Nombre de romans pour la jeunesse, de livres et revues pour enfants, mais aussi d'albums pour tout-petits contribuent à créer une atmosphère d'euphorie patriotique à l'arrière. Des comparaisons ponctuelles avec des ouvrages français montreront que le cas allemand ne représentait pas une exception durant la Grande Guerre. Sur terre, sur l'eau ou dans les airs, la guerre est présentée comme une grande aventure, un véritable "jeu d'enfants". Cette littérature devait inciter les jeunes gens à se sacrifier sur l'autel de la patrie. Néanmoins, contrairement à ce que l'on pourrait penser, elle ne contribuait pas toujours au renforcement de l'autorité des adultes et de l'ordre établi, mais était aussi l'expression d'une culture de la désobéissance par rapport aux adultes.

(1ère partie) 

(2è partie) 

 

Une longue phobie des lectures enfantines, une histoire de la censure, XVIIIe-XXe siècle

par Jean-Yves Mollier, professeur d'Histoire contemporaine, directeur de l'École doctorale "Cultures, Régulations, Institutions, Territoires", Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
(conférence du 26 avril 2013)

Jean-Yves Mollier a récemment publié Edition, presse et pouvoir en France au XXe siècle (Fayard, 2008), La Librairie Tallandier. Histoire d'une grande maison d'édition populaire (1870-2000), en collaboration avec Matthieu Letourneux (2011), Histoire de la librairie Larousse (1852-2010), en collaboration avec Bruno Dubot (2012) et dirigé les trois éditions de Où va le livre ? (2000, 2002 et 2007).

(1ère partie)  

(2è partie)  

 

Quand les albums pour la jeunesse prennent parti : formes de l'engagement illustré au long du XXe siècle

par Christian Bruel, éditeur, écrivain, concepteur d'albums, commissaire d'expositions, auteur d'études critiques
(conférence du 25 janvier 2013)

Idéologique et économique : la double face d'un « contrôle » de la presse illustrée et des albums destinés à la jeunesse traverse le siècle et perdure. Le jeune lectorat étant considéré comme vulnérable et perméable aux représentations (dont il va se révéler avide), la production se partagera inégalement entre deux configurations engagées : la reproduction plus ou moins innocente (et parfois innovante) de l'ordre des choses au sein d'un marché d'une part et la proposition plus ou moins adroite d'autres visions du monde tant esthétiques que politiques d'autre part, au risque d'une fragilité économique.
Au cours de cette matinée, outre l'évidence du clivage droite/gauche, on cherchera à mettre en lumière les choix esthétiques qui tendent à se substituer aux diverses figures de la persuasion et les formes d'une lecture engageante qu'ils convoquent.