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Conférences du CNLJ - Auteurs

Dynamiques de la mémoire et du souvenir chez Béatrice Poncelet

Par  par Sylvie Dardaillon, docteure en langues et littérature française, membre de l'équipe DYNADIV de l'université de Tours.

(conférence enregistrée le 17 juillet 2020) 

L’oeuvre de Béatrice Poncelet, artiste exigeante, est à chaque fois une entrée originale dans le monde de l’art et de la littérature. L’exposition de la médiathèque Françoise-Sagan (« Béatrice Poncelet : petite voleuse de mémoires »), présente son processus de création et donne des clés d’entrée dans l’oeuvre de l’artiste, en revenant sur les nombreuses « citations » littéraires ou artistiques qu’elle utilise comme accès à son propre monde intérieur.

Sylvie Dardaillon, universitaire et critique, autrice de Lire et relire Béatrice Poncelet : une entrée en littérature (ELLUG, 2013) présente cette œuvre singulière.

>> Ecouter la conférence 

J. R. R. Tolkien, poète de la "route perdue"

par Olivier Piffault Directeur du Département de la Conservation à la Bibliothèque nationale de France.

(conférence du 31 janvier 2020)

J. R. R. Tolkien, créateur des célèbres The HobbitThe Lord of the rings et d'un Silmarillion inachevé, est l'auteur d'une oeuvre à bien des égards unique par l'ampleur de sa réception et l'étonnante influence qu'elle exerce depuis quatre-vingt ans sur l'imaginaire, la littérature, le cinéma  ou même la politique de générations successives. Comment et pourquoi un érudit oxfordien, linguiste spécialisé dans les "âges sombres", théoricien de l'imaginaire et fervent catholique a t-il construit, presque malgré lui, ce monument littéraire aux bourgeons infinis qu'est l'histoire de la Terre du Milieu ? La variété des œuvres et de leurs publics, la forêt des manuscrits et versions, la succession des techniques poétiques dissimulent la permanence d’un univers dont Tolkien fut le créateur autant que le témoin, chanteur et passeur exalté.
« Ma mémoire porte jusqu’aux Jours Anciens ». Saturé de culture médiévale et jouant de références puisées dans les Edda, le Kalevala, Beowulf, le livre noir de Carmarthen ou les sagas, mais aussi dans la Bible ou l’Iliade, le monde de Tolkien est aussi un jeu de piste linguistique et un travail sur la force créatrice des sonorités. Constamment réécrite, cette « Création secondaire » est traversée de conflits moraux, portée par une théologie de la chute et du renoncement. De Fëanor à Frodo, de Thorin Oakenshield, Turin Turambar à Eriol Aelfwine, les héros habités par la fatalité cotoient les voyageurs, errants d’entre les mondes, initiés brûlés par la lumière de faérie. Et c’est peut être chez les plus humbles, dans l’aventure de Smith ou le destin d’une simple feuille de Niggle, que Tolkien consent à se peindre lui-même.

« Ces chants seront chèrement payés, mais ils n’ont pas de prix, et c’est le seul possible ». (Manwë, in Silmarillion)

André François : L'imagination graphique

par Janine Kotwica, agrégée de lettres modernes, spécialiste de l'illustration et des arts graphiques, fondatrice du Centre André François (Centre Régional de Ressources sur l'Album et l'Illustration) dont elle fut quatre ans la Directrice artistique.

(Conférence du 12 janvier 2018)

André François (1915-2005) fut l'un des plus grands graphistes du XXème siècle. Virtuose dans toutes les techniques, peintre, sculpteur, décorateur de théâtre, affichiste, dessinateur de presse, il fut aussi l'illustrateur de quelques inoubliables titres pour la jeunesse dont de nombreux, parus aux USA, ne furent jamais traduits en français. Les Larmes de crocodile furent traduits en 23 langues.
Affichiste de génie, il crée des affiches commerciales et culturelles et certaines campagnes publicitaires, comme celle de Citroën, ont fait date dans l'histoire du graphisme. Il dessine avec jubilation dans la presse anglaise (Punch, Lilliput...), française (Le Monde, Le Nouvel Observateur...), et surtout américaine (Fortune, Life, Vogue, The New York Times...). Il publia, au New Yorker, une belle cinquantaine de couvertures.
on énergie, son intelligence, son imagination, bref sa personnalité hors du commun ont fait de lui la « référence » aimée et admirée de trois générations d'illustrateurs à travers le monde.

Peter Sìs, migrant en images : Partir, Explorer, Habiter

par Christophe Meunier, professeur d'histoire-géographie à l'ESPE Centre-Val de Loire / Université d'Orléans. (conférence du 22 septembre 2017)

Peter Sìs est un célèbre auteur de littérature pour enfants. Né en Tchécoslovaquie en 1949, il émigre aux Etats-Unis en 1984. La majeure partie de son œuvre, marquée par sa propre expérience, traite de l'exil, l'immigration, le voyage et l'intégration. Interdépendance entre les images et le texte, entre l'espace et le temps, entre des personnages et leur territoire, l'œuvre de Peter Sis est véritablement hybride. Expression récurrente d'une rencontre « monstrueuse » entre des "espèces d'espaces" et des segments de temps différents, elle fait de l'iconotextualité un mode de construction et d'appropriation d'espaces. Les albums de Peter Sis donnent à voir plusieurs types de représentations spatiales (cartes diverses ou vues obliques) rendant compte de modes divers de relation au monde et à l'être. Ces dernières participent à la construction identitaire des personnages au même titre que la géographie pour les sociétés humaines.

PDF iconPrésentation conférence Peter Sis

La "puérilité" des Fables de La Fontaine : aux racines d'une ambiguïté fructueuse

par Patrick Dandrey, professeur à l'Université Paris-Sorbonne et président de la Société des amis de Jean de La Fontaine

(conférence du 14 novembre 2014)

Analyse des conditions, des intentions et des effets du détournement opéré par La Fontaine sur la fable ésopique qu'un usage pédagogique a progressivement assignée à un public puéril autant et plus qu'adulte. En repartant des conditions antiques de cette assignation et en étudiant le contexte de la visée mondaine que lui substitue le fabuliste français, se dégage néanmoins la part sous-jacente, persistante et peut-être prépondérante du souci didactique sinon pédagogique dans la transfiguration de l'apologue en poème effectuée par La Fontaine. Et l'on découvrira que l'enchantement poétique des Fables tient peut-être à cette enfance conservée et traitée sur le mode du badinage, de la connivence, voire d'une fascination presque onirique.

 


Samivel et les albums de la série "Samovar et Baculot" : la démarche d'un créateur à la lumière des archives

par Marie-Pierre Litaudon, docteur en littérature générale et comparée, chercheur associé au laboratoire CELLAM, Université Rennes II et à l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC)
(conférence du 25 octobre 2013)

Samivel, plus connu pour ses albums chez Delagrave et Flammarion, est aussi l'auteur illustrateur d'une étonnante série aux accents bédéesques, Les aventures de Samovar et Baculot, éditée par Paul Hartmann. Cette série compte chez l'éditeur deux albums, devenus fort rares : la Parade des diplodocus (1933) et Les Blagueurs de Bagdad (1935). À la lumière de la correspondance de Samivel conservée à l'IMEC, Marie-Pierre Litaudon retracera la genèse de ces albums, à la grande originalité graphique.

Tolkien et la littérature de jeunesse : des positions théoriques à la mise en œuvre

par Anne Besson, Université d'Artois, Arras 

Tolkien est-il un auteur "pour enfants" ? La réponse mérite d'être soulevée, tant son entrée dans la carrière d'auteur publié, avec le roman jeunesse Bilbo le Hobbit (1937), puis les aléas de la réception de son oeuvre (Le Seigneur des Anneaux plébiscité par les adolescents et jeunes adultes) a pu entraîner de malentendus au sujet d'un auteur qui ne se reconnaissait pas dans cette image.

Conférence du 27 mars 2009. Attention, cette rencontre ayant été enregistrée "avec les moyens du bord", les conditions d'écoute ne seront pas forcément optimales. Toutes nos excuses pour ce désagrément.

1ère partie : 

2ème partie : 

 

Les albums de Maurice Boutet de Monvel : une première exploration magistrale des possibles du livre

par Isabelle Nières-Chevrel, professeur émérite de l’Université de Rennes II

Boutet de Monvel constitue un maillon essentiel dans l'histoire de l'utilisation par les artistes du livre imprimé comme support de l'image. En prenant appui sur ses cinq albums, cette conférence analysera l’usage qu’il fit du format oblong, de la double page, de la couleur, de la distribution du texte et de l’image dans la surface de la page – autour de la question cruciale, que Maurice Boutet de Monvel ne parvient pas réellement à résoudre, celle du passage de l’album-liste à l’album narratif.

Conférence du 11 avril 2008. Attention, cette rencontre ayant été enregistrée "avec les moyens du bord", les conditions d'écoute ne seront pas forcément optimales. Toutes nos excuses pour ce désagrément.

1ère partie :  

2ème partie : 

 

Claude Ponti

par Yvanne Chenouf 

"Parce qu’elle croise plusieurs niveaux de lecture, l’œuvre de Claude Ponti engage pleinement les savoirs et la sensibilité de chaque lecteur, offrant une idée passionnante et non simplifiée de l’acte de lire. Ses albums s’appellent et se répondent lançant des filets vers des pôles culturels divers, instituant chaque enfant en héritier et partenaire de l’intelligence du monde.
D’une part, il s’agit d’avancer, d’agir, d’avoir confiance (filiations, cycles, transmissions, ruptures) ; d’autre part, il est suggéré de prendre le temps des pauses, de faire une mémoire à son histoire, de donner des racines à ses élans (protection, intériorisation, implantation). Entre les pages, on apprend à « tenir au monde » : tenir, s’agripper en situation de danger, tenir, aimer suffisamment la vie pour la défendr
e". Yvanne Chenouf. Lire Claude Ponti, encore et encore, Ed. Être 2006, coll. Boîtazoutils

Conférence du 25 mai 2007. Attention, cette rencontre ayant été enregistrée "avec les moyens du bord", les conditions d'écoute ne seront pas forcément optimales. Toutes nos excuses pour ce désagrément.

1ère partie : 

2ème partie : 

 

Le travail des scénaristes de bande dessinée francophone pour la jeunesse au XXe siècle : l’exemple de la carrière de Jean-Michel Charlier

Jean-Michel CharlierPar Gilles Ratier, écrivain et journaliste français spécialisé sur le 9e art, actuellement chroniqueur sur le site BDzoom.com et dans le quotidien régional L’Écho du Centre.

Suivant le conseil de son ami Jijé, Charlier se tourne vers l’écriture et va devenir l’un des plus grands scénaristes de la bande dessinée francophone du XXe siècle. Travailleur prolifique, il sera le créateur de nombreuses séries mythiques comme « Buck Danny », « Blueberry », « Barbe-Rouge », « Tanguy et Laverdure », « La Patrouille des Castors »..., se définissant, lui-même, comme un conteur, dans la continuité des grands feuilletonistes du temps passé : Eugène Sue, Paul Féval, Ponson du Terrail, Alexandre Dumas, Michel Zévaco, etc. Jean-Michel Charlier a aussi été, avec René Goscinny et Albert Uderzo, le créateur du journal Pilote. Pendant sa longue carrière, il a été le témoin de l’évolution du travail et des conditions des scénaristes de bande dessinée francophone pour la jeunesse, du début à la fin du XXe siècle, ayant assumé des postes clés comme rédacteur en chef, directeur de collection ou défenseur du droit des auteurs.

(rencontre du 7 décembre 2018)

Elisabeth Ivanovsky : entre crayons et pinceaux, 70 ans d'illustration

par Carine Picaud, Conservateur à la Réserve des livres rares de la Bibliothèque nationale de France.

(conférence du 8 décembre 2017)

Artiste majeure du livre pour enfants, Élisabeth Ivanovsky (1910-2006) est une illustratrice belge, née à Kichinev en Bessarabie. Le choix de s'installer à Bruxelles et non à Paris la fit entrer en 1934 dans le giron des éditions Desclée de Brouwer plutôt que dans celui du Père Castor qui rassemblait alors une pléiade d'immigrés russes comptant Nathalie Parain, Feodor Rojankovsky, Hélène Guertik et bien d'autres. Elle n'en demeure pas moins une actrice essentielle de l'avant-garde du livre pour enfants des années 1930 et 1940 et une illustratrice de premier plan du XXe siècle par la longévité de sa carrière et l'ampleur de sa bibliographie riche de trois cent quarante livres illustrés, sans compter l'imagerie. C'est au regard de ses originaux et de ses archives acquis à la fin de l'année 2010 par la Réserve des livres rares de la Bibliothèque nationale de France que sera appréhendée cette vie de dessins, entre crayons et pinceaux.

Un auteur au musée : les dessins pour la jeunesse de Tomi Ungerer

Les trois brigandspar Thérèse Willer, conservatrice en chef du patrimoine, en charge du Musée Tomi Ungerer-Centre international de l'Illustration à Strasbourg.

(conférence du 10 avril 2015)

Tomi Ungerer, né à Strasbourg en 1931, a fait donation d'une grande partie de son œuvre graphique à sa ville natale. En 2007, Strasbourg a ouvert à partir de cette collection exceptionnelle constituée de 11 000 dessins, un musée consacré à tous les aspects de l'œuvre de l'artiste. Même si le dessin d'illustration est montré dans d'autres institutions publiques françaises, le musée strasbourgeois présente un cas de figure très particulier. En effet il a été le premier musée en France à se consacrer en 2007 à l'œuvre d'un artiste vivant. Il présente ses collections avec un parti pris muséographique original, non seulement très respectueux des normes de conservation préventive mais aussi de l'œuvre du dessinateur.

Thérèse Willer est conservatrice en chef du patrimoine, en charge du Musée Tomi Ungerer-Centre international de l'Illustration à Strasbourg. Elle est titulaire d'une thèse de doctorat en Histoire de l'art sur l'œuvre graphique de Tomi Ungerer, soutenue à l'Université de Strasbourg en 2008 sous la direction du Professeur Martial Guédron et publiée en 2011 sous le titre de Tomi Ungerer. Graphic Art (éditions du Rocher). Elle a été commissaire de nombreuses expositions sur l'œuvre de Tomi Ungerer et sur l'illustration du XXe siècle.

PDF iconPrésentation conférence Ungerer

Hergé, la construction d'une oeuvre : 1929-1959

Hergé Benoit Peeterspar Benoît Peeters, écrivain, scénariste et théoricien de la bande dessinée
(conférence du 11 décembre 2015)

Bien qu'issu d'un milieu aux convictions étroites, Georges Remi dit Hergé (1907-1983) est peu à peu parvenu à construire une œuvre ouverte et universelle. Des albums comme Le Lotus bleu, Le Sceptre d'Ottokar ou L'Affaire Tournesol demeurent aussi lisibles que s'ils avaient été dessinés hier, alors qu'ils s'appuient sur des événements historiques précis. Comme tous les vrais classiques, Les Aventures de Tintin entretiennent un rapport magique avec le temps. C'est sans doute le vrai secret de la « ligne claire », cette forme d'épure graphique et narrative par laquelle on définit souvent l'œuvre d'Hergé.

(1ère partie)

(2è partie)

 

Alain Saint-Ogan et la construction d'une culture enfantine

par Julien Baudry, conservateur des bibliothèques, doctorant à l'Université Paris-Diderot.

(conférence du 4 avril 2014)

Lorsqu'il commence à créer pour les enfants au milieu des années 1920, Alain Saint-Ogan, alors dessinateur de presse, s'engage dans une voie qui marquera sa carrière jusqu'à sa mort en 1974. Créateur de la série Zig et Puce et du pingouin Alfred, animateur des premières émissions radiophoniques pour la jeunesse, auteur de nombreuses bandes dessinées au succès plus ou moins oubliée de nos jours, Saint-Ogan, à travers la diversité de actions pour les enfants, nous rappelle que les échanges transmédiatiques au sein de la culture enfantine ne sont pas le privilège du XXIe siècle. Bien au-delà du dessinateur de bande dessinée, c'est un créateur polyvalent au service de l'enfance qui se dégage de cette conférence.

Première partie (90 min)

 Deuxième partie (90 min)

PDF iconPrésentation conférence A St Ogan

 

Guy Sabran, illustrateur chez G.P. de 1943 à 1959

par Michel Manson, professeur en sciences de l'éducation à l'Université de Paris XIII et président de l’Afreloce (Association française de Recherche sur les Objets Culturels de l’Enfance)

Guy Sabran, né en 1902, apparaît comme illustrateur de G.P. (Générale Publicité) dès les grands albums de 1943-1946, et il sera l’illustrateur vedette de G.P. Rouge et Or jusqu’en 1959.

Conférence du 26 seotembre 2008. Attention, cette rencontre ayant été enregistrée "avec les moyens du bord", les conditions d'écoute ne seront pas forcément optimales. Toutes nos excuses pour ce désagrément. 

Charles Vildrac

par Françoise Ballanger, professeur de lettres et critique

Un parcours à travers l’ensemble de l’œuvre de Charles Vildrac permet d’en rappeler les multiples facettes (ouvrages pour adultes et pour enfants, œuvres romanesques, poétiques et théâtrales, articles, interviews et manifestes…).

Conférence du 14 décembre 2007. Attention, cette rencontre ayant été enregistrée "avec les moyens du bord", les conditions d'écoute ne seront pas forcément optimales. Toutes nos excuses pour ce désagrément.

1ère partie : 

2ème partie : 

 

Les illustrateurs soviétiques du livre pour enfants en France et en Belgique

par Michel Defourny

Michel Defourny est maître de conférences à l’Université de Liège. Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages de recherche en littérature de jeunesse. Spécialiste de l’album illustré pour la jeunesse, de son histoire, de ceux qui l’on fait, Michel Defourny s'intéresse aux illustrateurs soviétiques dont l’apport a été décisif, en France et en Belgique, dans les premières décennies du 20e siècle.

Conférence du 16 novembre 2007. Attention, cette rencontre ayant été enregistrée "avec les moyens du bord", les conditions d'écoute ne seront pas forcément optimales. Toutes nos excuses pour ce désagrément.

1ère partie :  

2ème partie :