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Conférences du CNLJ - Auteurs

J. R. R. Tolkien, poète de la "route perdue"

par Olivier Piffault Directeur du Département de la Conservation à la Bibliothèque nationale de France.

(conférence du 31 janvier 2020)

J. R. R. Tolkien, créateur des célèbres The HobbitThe Lord of the rings et d'un Silmarillion inachevé, est l'auteur d'une oeuvre à bien des égards unique par l'ampleur de sa réception et l'étonnante influence qu'elle exerce depuis quatre-vingt ans sur l'imaginaire, la littérature, le cinéma  ou même la politique de générations successives. Comment et pourquoi un érudit oxfordien, linguiste spécialisé dans les "âges sombres", théoricien de l'imaginaire et fervent catholique a t-il construit, presque malgré lui, ce monument littéraire aux bourgeons infinis qu'est l'histoire de la Terre du Milieu ? La variété des œuvres et de leurs publics, la forêt des manuscrits et versions, la succession des techniques poétiques dissimulent la permanence d’un univers dont Tolkien fut le créateur autant que le témoin, chanteur et passeur exalté.
« Ma mémoire porte jusqu’aux Jours Anciens ». Saturé de culture médiévale et jouant de références puisées dans les Edda, le Kalevala, Beowulf, le livre noir de Carmarthen ou les sagas, mais aussi dans la Bible ou l’Iliade, le monde de Tolkien est aussi un jeu de piste linguistique et un travail sur la force créatrice des sonorités. Constamment réécrite, cette « Création secondaire » est traversée de conflits moraux, portée par une théologie de la chute et du renoncement. De Fëanor à Frodo, de Thorin Oakenshield, Turin Turambar à Eriol Aelfwine, les héros habités par la fatalité cotoient les voyageurs, errants d’entre les mondes, initiés brûlés par la lumière de faérie. Et c’est peut être chez les plus humbles, dans l’aventure de Smith ou le destin d’une simple feuille de Niggle, que Tolkien consent à se peindre lui-même.

« Ces chants seront chèrement payés, mais ils n’ont pas de prix, et c’est le seul possible ». (Manwë, in Silmarillion)

André François : L'imagination graphique

par Janine Kotwica, agrégée de lettres modernes, spécialiste de l'illustration et des arts graphiques, fondatrice du Centre André François (Centre Régional de Ressources sur l'Album et l'Illustration) dont elle fut quatre ans la Directrice artistique.

(Conférence du 12 janvier 2018)

André François (1915-2005) fut l'un des plus grands graphistes du XXème siècle. Virtuose dans toutes les techniques, peintre, sculpteur, décorateur de théâtre, affichiste, dessinateur de presse, il fut aussi l'illustrateur de quelques inoubliables titres pour la jeunesse dont de nombreux, parus aux USA, ne furent jamais traduits en français. Les Larmes de crocodile furent traduits en 23 langues.
Affichiste de génie, il crée des affiches commerciales et culturelles et certaines campagnes publicitaires, comme celle de Citroën, ont fait date dans l'histoire du graphisme. Il dessine avec jubilation dans la presse anglaise (Punch, Lilliput...), française (Le Monde, Le Nouvel Observateur...), et surtout américaine (Fortune, Life, Vogue, The New York Times...). Il publia, au New Yorker, une belle cinquantaine de couvertures.
on énergie, son intelligence, son imagination, bref sa personnalité hors du commun ont fait de lui la « référence » aimée et admirée de trois générations d'illustrateurs à travers le monde.

Peter Sìs, migrant en images : Partir, Explorer, Habiter

par Christophe Meunier, professeur d'histoire-géographie à l'ESPE Centre-Val de Loire / Université d'Orléans. (conférence du 22 septembre 2017)

Peter Sìs est un célèbre auteur de littérature pour enfants. Né en Tchécoslovaquie en 1949, il émigre aux Etats-Unis en 1984. La majeure partie de son œuvre, marquée par sa propre expérience, traite de l'exil, l'immigration, le voyage et l'intégration. Interdépendance entre les images et le texte, entre l'espace et le temps, entre des personnages et leur territoire, l'œuvre de Peter Sis est véritablement hybride. Expression récurrente d'une rencontre « monstrueuse » entre des "espèces d'espaces" et des segments de temps différents, elle fait de l'iconotextualité un mode de construction et d'appropriation d'espaces. Les albums de Peter Sis donnent à voir plusieurs types de représentations spatiales (cartes diverses ou vues obliques) rendant compte de modes divers de relation au monde et à l'être. Ces dernières participent à la construction identitaire des personnages au même titre que la géographie pour les sociétés humaines.

PDF iconPrésentation conférence Peter Sis

La "puérilité" des Fables de La Fontaine : aux racines d'une ambiguïté fructueuse

par Patrick Dandrey, professeur à l'Université Paris-Sorbonne et président de la Société des amis de Jean de La Fontaine

(conférence du 14 novembre 2014)

Analyse des conditions, des intentions et des effets du détournement opéré par La Fontaine sur la fable ésopique qu'un usage pédagogique a progressivement assignée à un public puéril autant et plus qu'adulte. En repartant des conditions antiques de cette assignation et en étudiant le contexte de la visée mondaine que lui substitue le fabuliste français, se dégage néanmoins la part sous-jacente, persistante et peut-être prépondérante du souci didactique sinon pédagogique dans la transfiguration de l'apologue en poème effectuée par La Fontaine. Et l'on découvrira que l'enchantement poétique des Fables tient peut-être à cette enfance conservée et traitée sur le mode du badinage, de la connivence, voire d'une fascination presque onirique.

 


Samivel et les albums de la série "Samovar et Baculot" : la démarche d'un créateur à la lumière des archives

par Marie-Pierre Litaudon, docteur en littérature générale et comparée, chercheur associé au laboratoire CELLAM, Université Rennes II et à l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC)
(conférence du 25 octobre 2013)

Samivel, plus connu pour ses albums chez Delagrave et Flammarion, est aussi l'auteur illustrateur d'une étonnante série aux accents bédéesques, Les aventures de Samovar et Baculot, éditée par Paul Hartmann. Cette série compte chez l'éditeur deux albums, devenus fort rares : la Parade des diplodocus (1933) et Les Blagueurs de Bagdad (1935). À la lumière de la correspondance de Samivel conservée à l'IMEC, Marie-Pierre Litaudon retracera la genèse de ces albums, à la grande originalité graphique.

Le travail des scénaristes de bande dessinée francophone pour la jeunesse au XXe siècle : l’exemple de la carrière de Jean-Michel Charlier

Jean-Michel CharlierPar Gilles Ratier, écrivain et journaliste français spécialisé sur le 9e art, actuellement chroniqueur sur le site BDzoom.com et dans le quotidien régional L’Écho du Centre.

Suivant le conseil de son ami Jijé, Charlier se tourne vers l’écriture et va devenir l’un des plus grands scénaristes de la bande dessinée francophone du XXe siècle. Travailleur prolifique, il sera le créateur de nombreuses séries mythiques comme « Buck Danny », « Blueberry », « Barbe-Rouge », « Tanguy et Laverdure », « La Patrouille des Castors »..., se définissant, lui-même, comme un conteur, dans la continuité des grands feuilletonistes du temps passé : Eugène Sue, Paul Féval, Ponson du Terrail, Alexandre Dumas, Michel Zévaco, etc. Jean-Michel Charlier a aussi été, avec René Goscinny et Albert Uderzo, le créateur du journal Pilote. Pendant sa longue carrière, il a été le témoin de l’évolution du travail et des conditions des scénaristes de bande dessinée francophone pour la jeunesse, du début à la fin du XXe siècle, ayant assumé des postes clés comme rédacteur en chef, directeur de collection ou défenseur du droit des auteurs.

(rencontre du 7 décembre 2018)

Elisabeth Ivanovsky : entre crayons et pinceaux, 70 ans d'illustration

par Carine Picaud, Conservateur à la Réserve des livres rares de la Bibliothèque nationale de France.

(conférence du 8 décembre 2017)

Artiste majeure du livre pour enfants, Élisabeth Ivanovsky (1910-2006) est une illustratrice belge, née à Kichinev en Bessarabie. Le choix de s'installer à Bruxelles et non à Paris la fit entrer en 1934 dans le giron des éditions Desclée de Brouwer plutôt que dans celui du Père Castor qui rassemblait alors une pléiade d'immigrés russes comptant Nathalie Parain, Feodor Rojankovsky, Hélène Guertik et bien d'autres. Elle n'en demeure pas moins une actrice essentielle de l'avant-garde du livre pour enfants des années 1930 et 1940 et une illustratrice de premier plan du XXe siècle par la longévité de sa carrière et l'ampleur de sa bibliographie riche de trois cent quarante livres illustrés, sans compter l'imagerie. C'est au regard de ses originaux et de ses archives acquis à la fin de l'année 2010 par la Réserve des livres rares de la Bibliothèque nationale de France que sera appréhendée cette vie de dessins, entre crayons et pinceaux.

Un auteur au musée : les dessins pour la jeunesse de Tomi Ungerer

Les trois brigandspar Thérèse Willer, conservatrice en chef du patrimoine, en charge du Musée Tomi Ungerer-Centre international de l'Illustration à Strasbourg.

(conférence du 10 avril 2015)

Tomi Ungerer, né à Strasbourg en 1931, a fait donation d'une grande partie de son œuvre graphique à sa ville natale. En 2007, Strasbourg a ouvert à partir de cette collection exceptionnelle constituée de 11 000 dessins, un musée consacré à tous les aspects de l'œuvre de l'artiste. Même si le dessin d'illustration est montré dans d'autres institutions publiques françaises, le musée strasbourgeois présente un cas de figure très particulier. En effet il a été le premier musée en France à se consacrer en 2007 à l'œuvre d'un artiste vivant. Il présente ses collections avec un parti pris muséographique original, non seulement très respectueux des normes de conservation préventive mais aussi de l'œuvre du dessinateur.

Thérèse Willer est conservatrice en chef du patrimoine, en charge du Musée Tomi Ungerer-Centre international de l'Illustration à Strasbourg. Elle est titulaire d'une thèse de doctorat en Histoire de l'art sur l'œuvre graphique de Tomi Ungerer, soutenue à l'Université de Strasbourg en 2008 sous la direction du Professeur Martial Guédron et publiée en 2011 sous le titre de Tomi Ungerer. Graphic Art (éditions du Rocher). Elle a été commissaire de nombreuses expositions sur l'œuvre de Tomi Ungerer et sur l'illustration du XXe siècle.

PDF iconPrésentation conférence Ungerer

Hergé, la construction d'une oeuvre : 1929-1959

Hergé Benoit Peeterspar Benoît Peeters, écrivain, scénariste et théoricien de la bande dessinée
(conférence du 11 décembre 2015)

Bien qu'issu d'un milieu aux convictions étroites, Georges Remi dit Hergé (1907-1983) est peu à peu parvenu à construire une œuvre ouverte et universelle. Des albums comme Le Lotus bleu, Le Sceptre d'Ottokar ou L'Affaire Tournesol demeurent aussi lisibles que s'ils avaient été dessinés hier, alors qu'ils s'appuient sur des événements historiques précis. Comme tous les vrais classiques, Les Aventures de Tintin entretiennent un rapport magique avec le temps. C'est sans doute le vrai secret de la « ligne claire », cette forme d'épure graphique et narrative par laquelle on définit souvent l'œuvre d'Hergé.

(1ère partie)

(2è partie)

 

 

 

 

 

Alain Saint-Ogan et la construction d'une culture enfantine

par Julien Baudry, conservateur des bibliothèques, doctorant à l'Université Paris-Diderot.

(conférence du 4 avril 2014)

Lorsqu'il commence à créer pour les enfants au milieu des années 1920, Alain Saint-Ogan, alors dessinateur de presse, s'engage dans une voie qui marquera sa carrière jusqu'à sa mort en 1974. Créateur de la série Zig et Puce et du pingouin Alfred, animateur des premières émissions radiophoniques pour la jeunesse, auteur de nombreuses bandes dessinées au succès plus ou moins oubliée de nos jours, Saint-Ogan, à travers la diversité de actions pour les enfants, nous rappelle que les échanges transmédiatiques au sein de la culture enfantine ne sont pas le privilège du XXIe siècle. Bien au-delà du dessinateur de bande dessinée, c'est un créateur polyvalent au service de l'enfance qui se dégage de cette conférence.

Première partie (90 min)

 Deuxième partie (90 min)

PDF iconPrésentation conférence A St Ogan